Enceinte intérieure de l'Académie aéronavale de l'Alliance
- Oh oui Darky ! tu es trop bon !
C'est pour ça qu'il aimait les femmes, elles pouvaient être si naïves...
Mais celle-ci en particulier ne comprenait vraiment pas l'utilité des viseurs embarqués des derniers modèles de l'armement du soldat. Viseurs qui, conjugués à la nouvelle génération d'affichage tête haute des casques assuraient de toucher à quasiment tous les coups, à moins de viser à côté, auquel cas on ne pouvait manquer même là notre « non-visée » de la cible... Si l'on voulait manquait la cible, on la ratait.
Lily trainait souvent aux abords de l'Académie militaire, secrètement, fait de notoriété publique, en quête du prince charmant en armure et protections diverses du XXII ième millénaire.
- Lalina, tu sais très bien que... En reprenant la parole, elle le regardait avec de tels yeux qui empêchaient n'importe quel remarque négative. Bon, j'avoue. Tu as raison, mais c'est grâce à toi si j'arrive à toucher la cible.
Elle était ravie de ce compliment bien niais. Mais ainsi allait Lily, 19 ans, petit brunette aux tâches de rousseur. Un archétype vivant, plein de vie.
Et « Darky », jeune Sous-officier de l'aéronavale de l'Alliance H. Darkwave, vétéran-conscrit de Shanxi, comme on appelait les jeunes qui avaient été embrigadés pour servir de première ligne et de guérilleros avant l'arrivée des renforts professionnels, quasiment tous décimés par les Turiens lors de la Guerre du Premier Contact, 7 années standards auparavant, rangea son armement car il était strictement interdit d'utiliser une arme en dehors des terrains de tir.
« Entrez Commandant H. Darkwave, et prenez place dans les gradins. La séance débutera dans 15 minutes. »
L’amphithéâtre était quasiment rempli. Les gradins montaient jusqu’à beaucoup plus haut que le niveau de la scène centrale, et chaque rang était presque plein.
La salle - l’amphithéâtre était fermé en haut par sécurité - était froide et métallique.
Les personnes déjà présentes, un petit demi millier, discutaient assez fortement, l’ambiance pesait par les échos.
Des gardes étaient postés partout tout autour des hauts gradins, certains circulaient entre les rangs, quelques aliens se firent refoulés par les portes d’entrée et d’autres qui s’étaient astucieusement camouflés, déjà dans la salle, y repasseraient plus que rapidement.
En tout cas, aucun droïd de nettoyage ne pouvait être présent, avec tous les détecteurs installés à l’entrée, et les scanners activés en continu depuis le plafond de la salle. Passer entre les mailles de ces protections relèverait du prodige.
Concernant les armes, la sécurité était aussi rude, au détail prêt que seuls les gardes étaient armés, et prêts à utiliser leurs fusils anti-émeutes en cas de nécessité ou de dissuasion.
Les personnes installés dans le gradin étaient tous humains, ou de rares colons accrédités. Tous étaient là pour voir la diffusion de la partie finale du Conseil des Amiraux sur le fameux « Dossier ATD », conseil débuté quelques semaines plus tôt.
La création d’une nouvelle division militaire intéressait beaucoup de personnes, toutes désireuses d’en être le Directeur Principal, ou l’un de ses sous-directeurs.
Et comme il était prévu d’en faire initialement 4 en test, et plusieurs en cas de réussite, tout ce monde présent était encore plus avide de connaître les résultats du Conseil et quels seront les noms retenus pour les postes administratifs.
Car il s’agissait ici bien de personnel administratif, tous assis plus que confortablement sur leur siège, tous des bureaucrates aux compétences militaires bien vagues et suspicieuses.
Un Soleil déjà haut dans le ciel, un ciel déjà bien bleu, un air plutôt frais. Une bien belle vue de liberté par cette lucarne, si ce n’est les barreaux qui rappellent que ce n’est qu’une vision depuis l’une des nombreuses autres lucarnes de ce fort carcéral.
La cellule était plus que spartiate. Un vieux sommier posé sur des morceaux d’agglomérés
Les cellules étaient heureusement pour une seule personne, et d’innombrables petites bestioles qui doivent être aussi vieilles que ces murs. Les précédents locataires forcés de ce lieu avaient gravé quelques symboles sur les murs, peut être même avec leurs propres ongles.
Ne pas rester longtemps enfermé était la solution idéale sans quoi la folie prendrait place à son tour dans cette pièce.
On pouvait deviner que la cellule était à un étage élevé par rapport au sol, en regardant par la fenêtre. Quelques centaines de mètres peut être. Les abords du fort étaient désertiques, quelques arbres au feuillage jaune et orangé, quelques proies fuyaient quelques chasseurs naturels.
Mais bien peu de chance de s’évader en catimini. Tout comme cette proie face a son chasseur, on serait bien vite rattrapé, et abattu peut être plus sauvagement que cette proie.
La porte n’avait pas de petite lucarne d’où les gardiens vérifiaient si le prisonnier ne s’était pas pendu ou étouffé avec sa main pour le sortir avant de s’en apercevoir par la décomposition du corps, ce qui même en ces murs restait inconfortable pour le personnel. Il y avait sûrement un système de caméras miniatures.
Quelques bruits de pas et de discussions se faisaient entendre par la lourde porte, mais rien d’intéressant.
Le procès, même s’il n’en avait que le nom, devait débuter en fin de journée et il était certain qu’il ne durerait pas longtemps, le chef de la prison a une soirée mondaine avec des officiers ce soir, il se chargera d’écourter au plus la séance.
Une petite sieste s’impose donc, on peut être sûr d’être réveillé suffisamment tôt pour ne pas être en retard.
La porte grinça et 2 gardes pénétrèrent dans la pièce, tous deux armés de bâtons courts paralysants. D’autres gardes, peut être 1 ou 2 seraient dehors à nous attendre. Je fis mine d’avoir le réveil lourd. Un coups de bâton dans les côtes m’aurait aussi bien réveillé que si j’avais été piétiné au milieu d’un troupeau en furie. Le réglage était bien plus haut que la normale. Peut être avais-je le privilège d’un traitement de faveur ?